martedì 13 gennaio 2009

Festival au désert à Essakane



La première chose qui nous accueille après environ 60km de piste sablonneuse qui sépare Tombouctou d'Essakane sont les nombreux chameaux en rangs d’oignons postés à l’entrée du festival, si on peut appeler des dunes de sable, une entrée. Mon regard scrute l’horizon, des tentes s’éparpillent ci et là, des petits feux de bois s'allument, une scène de concert et des baffles apparaissent dans le bas d’une dune. Les essais de sound check parviennent jusqu’à nous, ânes et chameaux se garent à côtés des 4x4 et des camions, le soleil est prêt à se coucher et colorie le ciel du désert en rose orange. Le décor est planté et moi contente de poser le pied sur le sable blanc.
Très vite, je découvre les « caram caram », sortes de boulettes formées de picots qui s’accrochent à tout, peau y compris, et l’envie de dévaler les dunes pieds nus s’en va elle aussi, rapidement.
Les premiers vendeurs ambulants se découvrent à leur tour, ils se succèdent autour de nous ; cigarettes, eau, "american biscits", bonbons, piles, verres de thé, couvertures, chapeaux, bijoux, ganja, la marchandise ne manque pas, et d’un coup le désert n’est plus…il est plein de tout, comme un jour de marché dans un centre ville quelconque du Mali.

Nous allons directement à la tente presse où nous trouvons Philippe, attaché de presse du festival, vêtu de la tête aux pieds comme un touareg, et qui semble un peu dépassé par les évènements. Beaucoup de journalistes à gérer sans doute, un seul programme disponible version papier, un ordinateur potentiel pour tout le festival, peu de moyens pour obtenir des informations fiables et des réponses floues à nos questions. On dirait que ce n’est pas sur lui qu’il faut compter pour faciliter le contact avec l’un ou l’autre artiste. C’est confirmé après le concert de Selif Keita, que nous aimerions rencontrer. Il nous dit en gros de nous débrouiller seuls mais qu’il sera très difficile de réussir à lui parler. Quelques minutes plus tard nous voilà autour d’un petit feu en train de poser des questions à l’inabordable Sélif. Comme quoi mieux vaut suivre ses envies et ne pas écouter ceux qui vous découragent.

Américains, français, italien ? La question, telle une salutation, est le leitmotiv qui nous accueille, poursuit, agace parfois. Du début à la fin du festival les nombreuses approches visent à nous vendre quelque chose et la musique semble parfois passer en deuxième plan.

C'est sûr ce n'est pas tous les jours qu'on danse au son de voix envoûtantes et de guitares blues sur le sable, sous les étoiles et la pleine lune, ...Mais le public cette année est paraît-il moins nombreux, aux dires de l'organisateur du festival. Les mises en garde de nombreuses ambassades qui ont déconseillé de venir jusqu'ici pour des risques d'insécurité en on découragé plusieurs, parfois arrivés jusqu'à Tombouctou et puis ont rebroussé chemin, si près du but. Par contre, les touaregs (appelés ici plutôt tamasheks) venus de divers campements pour se rencontrer et partager des moments de vie autour de la musique sont présents, tout comme les bellas (anciens esclaves des touaregs) et quelques centaines d'américains, français, etc. ont bravé les interdits des chancelleries et se sont aventurés, en général avec leurs tours opérateurs, dans ce festival au cadre pour le moins insolite.

Tous portent le "chech", foulard enroulé autour de la tête, qui parfois ne laisse entrevoir que les yeux, les "blancs" aussi (toubabous) se sont mis au gôut du jour, pour le style et pour se protéger du soleil qui tape fort en pleine journée. Plus les heures passent, plus je vois les toubabous décorés de bijoux touaregs, qu'on nous propose sans arrêt et je ne peux m'empêcher de penser que si ce rendez-vous annuel est né il y a 9 ans d'une envie de se retrouver en musique, aujourd'hui c'est le business qu'on espère faire avec les blancs qui semble prévaloir sur la rencontre en tant que telle.
De tous les gamins qui nous ont abordé, Abdoulaye est le seul avec lequel j'ai senti un échange réel, que bientôt je vous raconterai...
Chiara

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